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Comprendre le stress, cultiver l'apaisement.

Une chronique de Théodore Farges

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Charge mentale des mères : quand le corps exprime l'épuisement invisible

Une crispation de la mâchoire au réveil, une respiration qui reste haute dans la poitrine, un sommeil qui ne récupère plus: ces signaux ne sont pas anecdotiques.

Théodore Farges, Praticien en relaxologie et analyste du stress·mis à jour 03 septembre 2026

Charge mentale des mères : quand le corps exprime l'épuisement invisible

Selon un sondage Ipsos mené pour GreenShield et rendu public le 2 septembre 2026, 92 % des mères canadiennes déclarent porter l'essentiel de la charge mentale liée à la rentrée scolaire — un pic annuel d'intensité qui mérite qu'on s'y arrête, non pas sur le terrain du discours, mais sur celui du corps.

Ce que dit le terrain

D'après les résultats relayés par Radio-Canada, plus de neuf mères sur dix affirment assumer la majorité des responsabilités domestiques, et la période de la rentrée vient y ajouter son lot de routines, de dépenses anticipées et de conciliation travail-famille. Joannie Gauthier, directrice nationale des services cliniques chez GreenShield, observe régulièrement sur le terrain des signes de fatigue accrue: irritabilité, patience en berne, épuisement diffus. Le sondage précise que près des deux tiers des répondantes se sentent dépassées et que plus de la moitié rapportent un épuisement professionnel ou une anxiété installée, tandis que plus de 70 % retardent le moment de demander du soutien, souvent par manque de temps ou de moyens. Bon nombre d'entre elles affirment avoir l'impression de ne jamais pouvoir « décrocher » — formulation qui dit déjà beaucoup sur l'état du tonus parasympathique.

Ce que la charge mentale produit sous la peau

Quand la planification devient permanente, notre système nerveux autonome reste calé en mode sympathique: le tonus vagal baisse, la respiration s'appauvrit, les fascias se verrouillent autour des épaules et du diaphragme. Ce n'est pas qu'une image: c'est une boucle de rétroaction dans laquelle l'anticipation constante entretient elle-même la crispation. Le sondage note que les mères accordent quatre fois plus d'attention aux besoins de leur famille qu'à leur propre santé mentale — ce déséquilibre d'attention finit par devenir un déséquilibre physiologique, et le corps finit par payer la note que la volonté dérive.

Trois indicateurs à vérifier dès cette semaine

Plutôt qu'une injonction à la détente, je vous propose trois marqueurs corporels simples à observer chez vous, sans matériel:

1. La mâchoire au réveil: dents serrées ou non, tension palpable dans les masséters.

2. La respiration au repos: thoracique haute ou abdominale basse, rythme régulier ou haché.

3. Le seuil d'irritabilité: temps de réaction entre une stimulation extérieure et une réponse agacée.

Si deux de ces marqueurs restent au rouge pendant la rentrée, le signal est clair: votre seuil de tolérance vagale est sous tension. Une première étape pragmatique consiste à installer cinq minutes de respiration lente (six secondes d'inspiration, six secondes d'expiration) deux fois par jour, en posant la main sur le sternum pour sentir le retour du diaphragme. Une seconde étape, quand le temps le permet: un rendez-vous avec un praticien en relaxologie ou en thérapie psycho-corporelle, capable de travailler directement sur le tonus de base.

Derrière ce délai à demander de l'aide, il y a aussi un réflexe corporel: quand le sympathique domine longtemps, le simple fait de « s'occuper de soi » peut sembler coûteux. Reconnaître ce mécanisme, sans se juger, change déjà la donne.