Santé mentale à Neuchâtel : un mois d'activités gratuites pour se reconnecter à son corps
Comme le rapporte La Télé, le canton de Neuchâtel relance pour la deuxième année consécutive son « Mois de la santé mentale », qui se déroulera du 10 septembre au 10 octobre.
Théodore Farges, Praticien en relaxologie et analyste du stress·mis à jour 02 septembre 2026

L'initiative, portée par le Département de la santé, de la jeunesse et des sports dirigé par le conseiller d'État Frédéric Mairy, propose une vingtaine d'activités gratuites — yoga, marche en pleine conscience, pièce de théâtre, journal créatif, conférences et tables rondes — ouvertes à toutes et tous, quel que soit l'âge. L'enjeu dépasse la sensibilisation: il s'agit, selon le communiqué, de permettre à la population de découvrir des ressources concrètes pour renforcer l'estime de soi, à travers des expériences corporelles et collectives. Initié en 2022 par le canton de Vaud, le dispositif s'étend désormais à l'ensemble des cantons latins, articulé avec Santépsy.ch et soutenu par Promotion Santé Suisse.
Ce que le corps y trouve réellement
Nous le savons depuis les travaux sur le système nerveux autonome: la chronicité du stress ne se combat jamais par la seule volonté verbale. Elle exige des expériences corporelles répétées, capables de signaler au tronc cérébral que la menace a cessé. Une séance de yoga, une marche en pleine conscience, voire un atelier d'écriture agissent sur des boucles physiologiques distinctes — tonus vagal, respiration diaphragmatique, désactivation progressive de l'axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien. Le programme neuchâtelois a le mérite de ne pas se limiter au déclaratif: il ouvre des portes d'entrée sensorielles, celles qui descendent jusqu'au fascia et remontent jusqu'à la cognition.
C'est un point que je retrouve souvent en cabinet: trop d'initiatives de « santé mentale » reposent encore sur la discussion et l'information, comme si comprendre son stress suffisait à le réguler. Or, le décalage entre savoir et ressentir est précisément ce que les approches psycho-corporelles cherchent à réduire — passer du mental qui analyse au corps qui ajuste.
Tester sans se juger, observer pour orienter la suite
Pour qui n'a jamais franchi la porte d'un atelier de régulation corporelle, ces rendez-vous gratuits offrent une entrée sans engagement financier ni identitaire. Le bon usage consiste à y aller sans attente de « transformation » immédiate ni de résolution spectaculaire.
Trois indicateurs simples suffisent à évaluer l'effet d'une activité sur votre système nerveux: la tension de la mâchoire au réveil le lendemain, l'amplitude de l'inspiration au repos, et la qualité de la première heure de sommeil qui suit. Notez ces marqueurs avant et après — non pour vous évaluer, mais pour disposer d'une boussole objective quand vous déciderez, ou non, d'approfondir la pratique.
Et si rien ne résonne, c'est aussi une information utile. Le corps n'est pas réceptif à toutes les pratiques au même moment de l'année: le yoga qui n'évoque rien en septembre peut devenir central en mars, et inversement. Revenir à ces signaux, plutôt qu'à l'injonction de « se détendre », reste à mes yeux la posture la plus juste pour aborder un mois consacré à l'équilibre intérieur.