serenescence

Comprendre le stress, cultiver l'apaisement.

Une chronique de Théodore Farges

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Sommeil tardif et travail : les risques réels pour votre équilibre psychique

Selon la revue Sleep Health, qui publie les résultats de l'enquête nationale finlandaise Healthy Finland 2022-2023 sur 2 266 adultes actifs, les couche-tard qui n'arrivent pas à décrocher du travail…

Théodore Farges, Praticien en relaxologie et analyste du stress·mis à jour 02 septembre 2026

Sommeil tardif et travail : les risques réels pour votre équilibre psychique

Selon la revue Sleep Health, qui publie les résultats de l'enquête nationale finlandaise Healthy Finland 2022-2023 sur 2 266 adultes actifs, les couche-tard qui n'arrivent pas à décrocher du travail le soir déclarent nettement plus de détresse psychologique, d'anxiété, de dépression et de pensées suicidaires. Quand l'ordinateur s'éteint à 22 h 30 et que le scroll nous mène jusqu'à 1 h du matin, ce n'est plus seulement une affaire de fatigue: c'est une mécanique de surcharge qui se règle, à condition d'en comprendre les rouages.

Le chronotype du soir n'est pas un défaut de discipline

Quand nous parlons de « couche-tard », nous parlons en réalité d'un chronotype vespéral: une horloge biologique câblée pour fonctionner en seconde partie de journée. Entre 12 % et 24 % des adultes en âge de travailler présenteraient cette configuration extrême, déjà identifiée comme groupe à risque pour la santé mentale et l'aptitude au travail. Ce que cette étude ajoute, c'est le rôle aggravant de l'empiètement professionnel: les couche-tard déclarent plus de débordement boulot-vie perso et plus de difficulté à se sentir reposés le lendemain — et le lien avec la santé mentale reste net même après contrôle de l'âge, du sexe, du manque de sommeil, de l'activité physique et de l'alcool.

D'autres travaux convergent dans la même direction: une étude publiée dans Translational Psychiatry sur 428 adultes a relié le chronotype du soir à un éventail de troubles psychiques — anxiété, dépression, TDAH, impulsivité —, et une étude Stanford sur environ 75 000 personnes retrouve un risque de diagnostic psychiatrique supérieur de 20 à 40 % chez les couche-tard, quel que soit le chronotype déclaré.

Trois vérifications concrètes à faire cette semaine

Ce qui m'intéresse comme praticien, c'est le mécanisme. Un chronotype vespéral signifie que votre pic de vigilance et votre baisse naturelle de cortisol se situent plus tard dans la journée. Quand les sollicitations professionnelles vous maintiennent sous tension jusqu'à 22 h, votre système nerveux autonome reste en mode sympathique bien plus longtemps qu'il ne le devrait. La bascule vers le tonus vagal — celui qui permet la récupération profonde — ne s'opère pas, ou très mal. Et la chercheuse finlandaise Laura Nauha, qui a travaillé sur l'heure du coucher et la santé cardiaque, le formule ainsi: « la régularité de l'heure du coucher pourrait être particulièrement importante pour la santé du cœur ». L'horaire, ici, n'est pas qu'une affaire de discipline.

Trois points à observer chez vous dès cette semaine. D'abord, l'heure réelle d'extinction des écrans — souvent bien plus tardive que l'heure de coucher déclarée. Ensuite, l'existence d'un créneau de 60 à 90 minutes sans sollicitation professionnelle avant le coucher. Enfin, la qualité de votre réveil: mâchoire serrée, souffle court, épaules remontées signalent que la boucle sympathique ne s'est pas refermée durant la nuit. Ces trois indicateurs vous diront, mieux que n'importe quel questionnaire, où en est réellement votre capacité de récupération.