Santé mentale au travail : décoder les signaux du corps pour prévenir l'épuisement
D'après une enquête exclusive de Holivia et de l'Alliance pour la Santé Mentale, relayée par Presse Agence, ce que nous mettons trop vite sur le compte du « stress au travail » commence à se mesurer objectivement.
Théodore Farges, Praticien en relaxologie et analyste du stress·mis à jour 21 septembre 2026

La mâchoire qui se crispe avant la première réunion, le souffle court à l'approche du bureau, les épaules nouées à 17 h: derrière ces signaux corporels, c'est une dérégulation du système nerveux autonome qui pèse désormais en milliards d'euros sur les bilans nationaux.
Ce que change le regard économique
Le déplacement est net: la santé mentale quitte le registre compassionnel pour entrer dans celui de la compétitivité. Jérôme Crest, directeur général de Holivia, le formule sans ambiguïté: « La santé mentale n'est plus un sujet périphérique: elle devient un marqueur du fonctionnement profond des organisations et un déterminant de performance durable ». Des fleurons comme Saint-Gobain, BNP Paribas, AXA ou VINCI ont déjà intégré cette dimension à leur politique RH. Pour Christophe Maximilien, DRH de TDF, le constat est identique: « La santé mentale est un levier d'équilibre et de performance ».
Ce que l'enquête chiffre — absentéisme répété, turnover élevé, baisse de productivité globale — correspond exactement à ce que nous observons en cabinet: une dérégulation du système nerveux autonome qui précède, puis aggrave, les indicateurs RH.
Le maillon manquant: le management intermédiaire
L'enquête pointe un acteur-clé souvent oublié: le manager de proximité. C'est lui qui détecte les premiers signaux faibles — une voix qui se casse, un regard qui fuit, une posture qui s'affaisse — mais il ne peut rien transmettre s'il n'est pas lui-même outillé. Amélie Watelet, DRH d'AXA France, le dit clairement: « La toute première chose c'est de s'assurer que l'ensemble des acteurs clés sont bien formés […] Donc la formation joue un rôle clé ».
Sans engagement visible de la direction générale, ces politiques restent des affichages. Jérôme Crest le rappelle: « Rien ne peut se faire sans les dirigeants. Ils doivent incarner le changement ».
Trois vérifications corporelles à faire cette semaine
Inutile d'attendre un plan d'entreprise pour agir sur votre propre terrain. Trois points de contrôle rapides, tirés de la pratique en relaxologie.
Le tonus de la mâchoire au réveil. Si vous serrez des dents avant même d'avoir ouvert les yeux, votre nerf trijumeau signale que le système d'alerte est déjà actif. Une minute de relâchement mandibulaire conscient, langue décollée du palais, suffit à abaisser le niveau de vigilance vagale.
La respiration de transition. Entre deux réunions, enchaînez six expirations lentes, deux fois plus longues que l'inspiration. Vous activez directement la branche parasympathique et vous coupez la boucle de rétroaction du stress.
Le scan des épaules à 17 h. Si vos trapèzes sont noués en fin de journée, ce n'est pas de la fatigue, c'est une charge émotionnelle non traitée. Quinze secondes d'étirement lent du cou, combinées à une expiration sonore, relâchent le fascia cervical.
Ces protocoles ne remplacent pas un suivi médical lorsqu'il est nécessaire, mais ils restaurent, par le corps, ce que l'enquête appelle à sa manière l'équilibre — et que le système nerveux peut commencer à reconstruire dès la première expiration.