L'intégration des médiations artistiques et psycho-corporelles dans le parcours de soin psychiatrique
À l'occasion des Semaines d'Information en Santé Mentale, dont le thème est consacré aux arts, l'Unité des arts-thérapies du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences et la Société Française des…
Théodore Farges, Praticien en relaxologie et analyste du stress·mis à jour 20 septembre 2026

Quand l'hôpital ouvre ses portes aux médiations artistiques
À l'heure où la crispation diaphragmatique reste l'un des premiers marqueurs d'une charge mentale trop lourde, une nouvelle donne émerge côté institution: les médiations artistiques et psycho-corporelles intègrent officiellement les parcours de soin psychiatrique. À l'occasion des Semaines d'Information en Santé Mentale, dont le thème est consacré aux arts, l'Unité des arts-thérapies du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences et la Société Française des Arts-Thérapies (SFAT) organisent un colloque professionnel dédié à ces pratiques. Pour notre lectorat — praticiens, patients éclairés et curieux du corps — l'événement mérite qu'on en comprenne les rouages.
Un signal institutionnel pour les pratiques psycho-corporelles
Ce n'est pas un atelier isolé ni une initiative associative périphérique: nous parlons ici d'un colloque porté par un groupement hospitalier universitaire, c'est-à-dire par l'une des structures de référence en matière de psychiatrie en France. Le format retenu — professionnel, donc destiné aux soignants, aux thérapeutes et aux chercheurs — signale une volonté de structurer un champ de pratique encore souvent perçu comme complémentaire ou « doux » plutôt que comme levier thérapeutique à part entière.
Pour notre communauté, l'enjeu est concret: lorsqu'un GHU choisit d'inscrire les médiations psycho-corporelles dans les parcours de rétablissement psychique, il valide — par son institutionnalisation même — ce que nous observons depuis longtemps en cabinet. Une pratique psycho-corporelle ne se réduit pas à un moment de détente; elle agit sur le tonus vagal, sur la régulation du système nerveux autonome et sur les boucles de rétroaction entre posture, respiration et état émotionnel.
Pourquoi le versant « art » intéresse aussi la relaxologie
Le choix du thème « arts » par les SISM n'est pas anodin. Peinture, modelage, danse, écriture, théâtre: chacune de ces médiations engage le corps dans un mouvement expressif qui court-circuite la rumination mentale. Concrètement, le geste créatif oblige le système nerveux à basculer d'un mode défensif — souvent associé à une hypertonie musculaire et à une respiration thoracique haute — vers un mode d'exploration où la boucle de rétroaction sensorielle reprend le dessus.
C'est exactement ce que nous travaillons en cabinet lorsque nous guidons un patient vers une prise de conscience de sa mâchoire au réveil, de sa posture scapulaire ou de son souffle costal. L'art, dans ce cadre, devient un accélérateur: il impose un engagement corporel que la seule intention consciente ne parvient pas toujours à produire.
Ce qu'il reste à observer
Pour l'instant, le contenu détaillé du programme — intervenants, ateliers, protocoles présentés — n'a pas été diffusé dans les sources que nous avons pu consulter. Deux questions méritent donc d'être suivies dans les prochaines semaines: d'une part, la place réservée aux médiations psycho-corporelles stricto sensu (relaxation, toucher, travail du fascia) dans le programme final; d'autre part, les suites données à ce colloque en matière de formation et de reconnaissance des praticiens.
Si vous exercez ou suivez une formation en thérapies psycho-corporelles, gardez un œil sur les communications du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences et de la SFAT: la manière dont ces institutions articuleront théorie clinique et application terrain dira beaucoup — pour vous comme pour nous — de la direction que prend le soin psychique en France.