Santé mentale : comment transformer les ateliers bien-être en outils de régulation
Selon RTN.ch, le « Mois de la santé mentale » se tiendra du 10 septembre au 10 octobre dans le canton de Neuchâtel.
Théodore Farges, Praticien en relaxologie et analyste du stress·mis à jour 28 août 2026

Un mois pour sensibiliser à la santé mentale
L’initiative mettra en avant des ressources gratuites autour du bien-être et de l’estime de soi, avec des pièces de théâtre, des cours de yoga, des marches en pleine conscience, du journal créatif, des conférences et des tables rondes. Pour nous, l’intérêt ne réside pas seulement dans l’agenda: cette période offre surtout une occasion de tester des formes concrètes de régulation du stress, sans attendre que la tension devienne envahissante.
Passer de la sensibilisation à l’expérience corporelle
Le programme est piloté à Neuchâtel par l’Office de la promotion de la santé et de la prévention, rattaché au Service cantonal de la santé publique, avec l’appui de partenaires régionaux et de plusieurs communes. L’événement, initié en 2022 par le canton de Vaud, s’est ensuite étendu à l’ensemble des cantons latins.
La diversité des activités est intéressante parce qu’elle ne réduit pas la santé mentale à un seul registre. Une conférence peut aider à comprendre un mécanisme de stress; une marche ou un cours de yoga permet d’observer plus directement le tonus musculaire, la respiration et le niveau d’agitation interne; le journal créatif offre un support pour mettre en forme ce qui reste difficile à identifier.
Dans une approche psycho-corporelle, nous pouvons utiliser ces activités comme de petits tests fonctionnels. Avant une séance, prenez quelques secondes pour repérer un signe physique précis: mâchoire serrée, épaules relevées, respiration courte ou agitation des jambes. Après l’activité, observez si ce signal a changé. Il ne s’agit pas de rechercher un état de détente spectaculaire, mais de mesurer une variation réelle du tonus et de la disponibilité corporelle.
Cette méthode a un avantage: elle évite de transformer l’apaisement en obligation. Nous ne nous demandons pas si nous avons « réussi à nous détendre ». Nous vérifions plutôt ce que notre organisme fait avant et après une expérience donnée. Cette boucle d’observation permet de distinguer une pratique qui nous aide réellement d’une activité simplement agréable sur le moment.
Le repos devient un sujet de santé
Un autre article relayé par ACI Afrique replace le repos dans la prévention des difficultés de santé mentale chez les prêtres. Un responsable du Vatican y souligne la nécessité de périodes de retrait par rapport au travail, de limites saines, de relations de soutien et, lorsque cela est nécessaire, d’une aide professionnelle. Le sujet concerne ici la vie sacerdotale, mais le principe est plus largement lisible: le repos ne devrait pas être traité comme une récompense accordée après l’épuisement.
Dans les métiers d’aide, les professions à forte responsabilité ou les environnements où la disponibilité est permanente, l’absence de coupure entretient une activation prolongée. À terme, il devient plus difficile de repérer les signaux précoces: irritabilité, sommeil perturbé, crispations, baisse de concentration ou sensation de ne jamais sortir du mode d’alerte. Ces manifestations ne permettent pas, à elles seules, de poser un diagnostic. Elles constituent toutefois des indicateurs utiles pour réexaminer son rythme et ses limites.
Le message pratique est simple: planifier un temps de récupération avant la saturation, et non après. Cela peut prendre la forme d’une marche, d’un moment sans sollicitation numérique, d’une séance corporelle ou d’un échange avec un professionnel. L’important est que cette pause soit identifiable dans l’emploi du temps et qu’elle ne dépende pas uniquement de la force de volonté disponible en fin de journée.
Ce que nous pouvons vérifier pendant le mois
La Province de Liège annonce également un rendez-vous JeudiSanté consacré au lien entre intestin et santé mentale. Le titre signale un thème de discussion, mais les éléments disponibles ne permettent pas d’en préciser le contenu ni de tirer une conclusion sur ce lien. Il est donc préférable d’aborder ce type de rencontre comme une occasion d’information, sans transformer une formulation de programme en preuve médicale.
Pour profiter utilement de cette période, vous pouvez retenir trois repères: choisissez une activité réellement accessible, observez un symptôme physique avant et après, puis notez ce qui change dans les heures suivantes. Si la tension reste importante ou si elle perturbe durablement la vie quotidienne, une activité de bien-être ne remplace pas une aide professionnelle.
Le « Mois de la santé mentale » vaut ainsi moins comme injonction à aller mieux que comme invitation à regarder les mécanismes à l’œuvre. Le corps donne souvent les premiers signaux. Encore faut-il lui accorder un temps d’observation, de repos et, si nécessaire, un accompagnement adapté.