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Comprendre le stress, cultiver l'apaisement.

Une chronique de Théodore Farges

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Libération émotionnelle par le corps : quand les tremblements remplacent les mots

Dans un récit publié par Cosmopolitan, une journaliste décrit précisément ce type d'expérience lors d'une séance de Neo Emotional Release (NER), une approche psycho-corporelle qui mise sur les…

Théodore Farges, Praticien en relaxologie et analyste du stress·mis à jour 18 septembre 2026

Libération émotionnelle par le corps : quand les tremblements remplacent les mots

Quand le corps finit par parler: retour sur une thérapie qui fait trembler

Une vibration qui parcourt les jambes sans crier gare, une mâchoire qui se débloque soudain après des années de crispation matinale, un sanglot qui sort sans raison apparente: voilà ce que rapportent de plus en plus de patient(e)s après une séance de travail somatique. Dans un récit publié par Cosmopolitan, une journaliste décrit précisément ce type d'expérience lors d'une séance de Neo Emotional Release (NER), une approche psycho-corporelle qui mise sur les tremblements, les sons et le mouvement pour libérer ce que la parole seule n'a pas su atteindre.

Ce que dit le terrain

D'après le témoignage relayé par le magazine, la NER combine du travail corporel, des exercices de respiration, des visualisations guidées et ce que les praticiens qualifient de « travail énergétique », en s'appuyant aussi sur des outils issus d'autres approches comme le travail avec l'enfant intérieur. La praticienne interrogée, Pascale Haller, formée par le Neo Emotional Release Institute — et non par un cursus de psychothérapie clinique réglementé —, explique avoir découvert la méthode après des années en entreprise, une période de consommation d'alcool problématique et l'échec, selon ses propres mots, de la parole thérapeutique et des groupes d'entraide. Elle pratique à temps plein depuis février 2024.

Ce qui frappe, c'est le contraste avec les thérapies verbales: pendant la séance, la journaliste décrit des sons gutturaux, des tremblements incontrôlables et des sensations intenses qui traversent les hanches et la gorge. Elle insiste aussi sur un point essentiel: selon la praticienne, il n'existe pas de déroulé unique, et les « libérations » spectaculaires qui cartonnent sur les réseaux sociaux ne sont qu'une des sorties possibles — d'autres personnes quittent simplement la séance plus détendues.

Ce que la physiologie nous apprend

Nous le savons en cabinet: le système nerveux autonome emmagasine, parfois pendant des années, des patterns de tension que le langage verbal n'atteint pas. Quand le tonus vagal chute et que la branche sympathique reste en sur-régime, le fascia se rigidifie, la respiration se raccourcit, et la boucle de rétroaction entre pensée anxieuse et corps crispé s'auto-alimente. Les tremblements spontanés, observés aussi chez les animaux après un stress, sont un mécanisme de décharge neuromusculaire: le thalamus libère une activation motrice pour permettre au système nerveux de revenir à son seuil de base.

C'est précisément ce que visent les approches somatiques: offrir un cadre sécurisé pour que cette décharge puisse se faire — sans forcer la catharsis, sans la théâtraliser. La NER s'inscrit dans cette famille, aux côtés de la Somatic Experiencing de Peter Levine, de l'EMDR ou du TRE (Tension and Trauma Releasing Exercises).

Ce que je vous invite à vérifier avant de vous lancer

Avant de réserver une séance, quelques repères concrets à garder en tête:

  • La formation du praticien: la NER n'est pas une psychothérapie réglementée. Cela ne disqualifie pas la méthode, mais cela implique de vérifier le parcours du praticien, son adhésion à un code de déontologie, et sa capacité à travailler en complément d'un suivi psychologique si nécessaire.
  • Le rythme du client: fuir tout praticien qui pousse à la performance émotionnelle. Une bonne séance somatique suit votre tempo, jamais l'inverse.
  • Le cadre: un lieu calme, une durée annoncée, un consentement explicite à chaque étape. Si vous ressentez une pression à « lâcher » à tout prix, c'est un signal d'alarme.
  • L'articulation avec un suivi: les approches corporelles fonctionnent souvent en complément d'un travail verbal ou d'un suivi médical, surtout si vous traversez un trouble anxieux, dépressif ou un traumatisme complexe.

Ce qui m'intéresse, dans ces récits, ce n'est pas la promesse du grand frisson libérateur. C'est la possibilité, pour notre système nerveux, de retrouver un vocabulaire corporel qu'on lui a appris à taire. À condition de choisir des mains qui savent l'écouter.